Proposition pédagogique : une décision votée, publiée et reçue à la préfecture est-elle nécessairement légale ? Le régime communal distingue le caractère exécutoire de l’acte et le contrôle de sa légalité6989. Le cas fictif d’une école de musique permettra de séparer quatre questions : quelle règle s’applique, qui peut décider, quelles formalités faut-il accomplir et quel recours est ouvert ? Nous ajouterons la réparation seulement si un dommage est invoqué. Dans une responsabilité pour faute, faute, dommage direct et certain et causalité doivent être reliés72.
Les normes encadrent le pouvoir de décider
Une règle juridique doit respecter les normes de force supérieure applicables ; le bloc constitutionnel se situe au sommet de l’ordre juridique interne74. La Constitution réserve certains domaines à la loi, notamment les principes fondamentaux des compétences, ressources et libre administration des collectivités75. Les matières extérieures au domaine de la loi relèvent en principe du règlement76. Les traités régulièrement ratifiés ou approuvés disposent, après publication et sous la réserve prévue de réciprocité, d’une autorité supérieure aux lois77. Le droit de l’Union européenne intervient également selon ses règles d’application : il faut identifier la norme opposable, et non réduire toute cette articulation à une pyramide sans conditions78. Une décision locale doit notamment respecter les règles réglementaires applicables dans son domaine79. Proposition pédagogique : le soutien politique d’une majorité ne suffit donc pas à répondre à la question juridique. Cherchez le texte, sa portée et sa version avant de conclure.
Distinguer les actes, les décisions et les contrats
Le Code des relations entre le public et l’administration, ou CRPA, distingue des actes administratifs unilatéraux décisoires et non décisoires : tous les actes unilatéraux ne sont donc pas des décisions80. Parmi les décisions, l’acte réglementaire pose une norme générale aux effets impersonnels ; l’acte individuel a un objet particulier et des effets personnels81. Il existe aussi des décisions ni réglementaires ni individuelles : les deux premières catégories ne sont pas exhaustives80. Proposition pédagogique : comparez le règlement fictif d’accès à un service et une admission nominative fictive, puis examinez le contenu plutôt que le seul intitulé du document. Un contrat repose sur un accord de volontés qui crée, modifie, transmet ou éteint des obligations82. Cette définition générale n’efface pas les règles particulières des contrats administratifs. Pour le régime communal, la nature de la décision détermine notamment la notification ou la publicité à accomplir69.
Le service public implique des exigences durables
Une mission de service public se caractérise par son intérêt général et son lien avec la puissance publique ; dans certains cas, une personne privée peut la gérer sous contrôle public, y compris sans prérogatives de puissance publique selon les critères jurisprudentiels70. Trois principes classiques encadrent le fonctionnement : égalité, continuité et adaptabilité, aussi appelée mutabilité83. L’égalité n’impose pas tout tarif identique : le Conseil d’État a admis des droits d’inscription au conservatoire modulés selon les ressources pour favoriser l’accès, dans les conditions de l’affaire Gennevilliers85. La continuité vise le fonctionnement régulier ; les exigences diffèrent entre permanence de secours et accueil d’état civil8384. L’adaptabilité conduit à faire évoluer l’organisation selon les besoins et les circonstances83. Le gestionnaire doit aussi corriger les dysfonctionnements qui limitent anormalement l’accès ou compromettent les droits des usagers93. Proposition pédagogique : une réforme numérique doit donc être examinée à partir de ses effets concrets sur l’accès, pas seulement de sa nouveauté.