Exemple pédagogique : une commune envisage une maison des solidarités. Chercher seulement le prix du bâtiment laisse de côté les agents, l’énergie et l’entretien nécessaires après l’ouverture. Ces rémunérations et dépenses courantes relèvent du fonctionnement, tandis que la construction relève de l’investissement100. Le budget prévoit et autorise les recettes et les dépenses de l’exercice101. Notre fil conducteur sera donc : quel besoin financer, avec quelles ressources aujourd’hui, et quelles conséquences demain ?
1. Deux sections, deux questions
Le budget est un acte annuel de prévision et d’autorisation, organisé en une section de fonctionnement et une section d’investissement101. Le fonctionnement comprend notamment les rémunérations, les achats courants et les intérêts de la dette ; l’investissement comprend notamment la construction et les acquisitions durables ainsi que le remboursement du capital emprunté100. La distinction ne repose donc pas seulement sur le prix : la nature et la durabilité du bien comptent, avec des règles particulières pour certains biens de faible valeur100. Dans notre exemple fictif, acheter le bâtiment et payer l’accueil de ses usagers sont deux composantes d’un même projet, à inscrire dans les sections correspondantes. Retenez cette question pratique : s’agit-il de faire vivre le service cette année ou de financer une opération sur le patrimoine ? Le remboursement du capital constitue un cas particulier à mémoriser.
2. D’où vient l’argent ?
Le fonctionnement est notamment alimenté par la fiscalité, les dotations et participations, ainsi que les produits des services ; l’investissement peut mobiliser l’autofinancement, des subventions et l’emprunt95. Un emprunt budgétaire est une ressource d’investissement et non une recette permettant d’équilibrer les salaires courants ; le capital de la dette doit lui-même être couvert sans nouvel emprunt dans les conditions de l’équilibre réel94100. Conseil de lecture : pour chaque financement proposé, identifier son montant, son objet, ses conditions et sa date de versement. En effet, la constatation d’une créance, l’émission d’un titre de recettes et son encaissement sont des étapes distinctes ; le comptable vérifie également la trésorerie avant paiement96. Exemple fictif : une subvention acquise mais versée après les factures impose d’anticiper le décalage de trésorerie, même si le plan de financement est complet.
3. L’épargne relie présent et avenir
L’épargne brute se calcule par différence entre recettes réelles et dépenses réelles de fonctionnement ; les mouvements réels se distinguent des opérations sans mouvements réels99. Les intérêts étant une dépense de fonctionnement, ils sont déjà déduits à ce stade100. L’épargne nette est l’épargne brute diminuée du remboursement annuel du capital de la dette99. Exemple fictif : 10 de recettes moins 9 de dépenses donnent 1 d’épargne brute ; retirer 0,40 de capital donne 0,60 d’épargne nette. Ces calculs décrivent un flux de l’exercice, pas le solde bancaire à un instant donné9996. L’équilibre réel exige des évaluations sincères et l’équilibre de chacune des sections ; le prélèvement sur le fonctionnement, les ressources propres d’investissement hors emprunts et, le cas échéant, les dotations d’amortissement et de provisions doivent couvrir le capital exigible de l’année94. Ne confondez donc pas une égalité arithmétique obtenue grâce à une recette inventée avec cet équilibre juridique.