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Module 0728 septembre–4 octobre

Enfance, autonomie et santé : comprendre les parcours

Comment aider une personne quand ses besoins traversent plusieurs institutions ?

Repère pédagogique : partez du parcours de la personne — besoin, évaluation, décision, réalisation — pour rattacher chaque dispositif à une fonction. La MDPH et la CDAPH illustrent la distinction entre accueil, évaluation et décision160. Le SPDA cherche à rendre plus cohérentes les interventions autour des personnes âgées, des personnes handicapées et de leurs aidants159. Le cas fictif de Nora permettra de tester cette grille, sans supposer qu’un guichet décide de toutes les aides.

L’enfance : accueillir, prévenir et protéger

Depuis le 1er janvier 2025, les communes sont autorités organisatrices de l’accueil du jeune enfant : toutes recensent les besoins des moins de trois ans et de leurs familles ainsi que l’offre disponible, et informent et accompagnent les familles et futurs parents156. Celles de plus de 3 500 habitants doivent aussi planifier le développement des modes d’accueil et soutenir leur qualité156. Au-delà de 10 000 habitants, un schéma pluriannuel est obligatoire ; le relais petite enfance l’est depuis le 1er janvier 2026156. Des transferts à un groupement sont possibles, avec les règles de population prévues par la loi156. La protection maternelle et infantile (PMI) assure une prévention départementale, notamment auprès des femmes enceintes et des enfants de moins de six ans158. L’aide sociale à l’enfance (ASE), service départemental, apporte soutien matériel, éducatif ou psychologique, prévention et protection selon les difficultés et les risques pour l’enfant157. Application pédagogique : manquer de place en crèche ne suffit pas, à lui seul, à caractériser les conditions d’une intervention de protection de l’enfance156157.

L’autonomie : permettre de choisir et de vivre au quotidien

Repère pédagogique : distinguez la possibilité de choisir sa vie et le besoin d’aide pour certains actes. Le SPDA vise l’accueil, l’accès aux droits et aux prestations, la continuité des parcours et la prévention pour les personnes âgées, les personnes handicapées et leurs aidants159. La maison départementale des personnes handicapées (MDPH) accueille et instruit les demandes avec une évaluation pluridisciplinaire ; la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) prend les décisions ou rend les avis dans son champ de compétence160. La généralisation du service public départemental de l’autonomie (SPDA) a commencé en 2025 après la préfiguration de 2024 : sa mise en œuvre reste progressive159. Le département le pilote en lien étroit avec l’agence régionale de santé et les partenaires ; cette coopération n’efface pas leurs compétences respectives159. Ne traduisez donc pas « généralisation » par « organisation partout identique et déjà achevée ».

La santé : les soins et leurs conditions d’accès

L’agence régionale de santé (ARS) met en œuvre la politique régionale de santé, finance des actions de prévention et régule l’offre de soins et médico-sociale dans ses attributions161. La loi distingue cette fonction d’organisation des établissements et professionnels qui réalisent les interventions ; elle prévoit aussi une articulation avec les collectivités et les acteurs sociaux161. Exemple fictif : pour une personne en souffrance psychique menacée de perdre son logement, une consultation et un accompagnement social peuvent répondre à des difficultés différentes. Ne déduisez pas du besoin de coopération que l’ARS attribue toutes les aides ou que la commune remplace un soignant. La coordination des parcours complexes fait partie des missions suivies par l’ARS161. Pour analyser un sujet, identifiez séparément le soin, l’aide quotidienne et l’organisation de leurs relais.

1. Partir du besoin et choisir la bonne fonction

Méthode proposée : écrivez un verbe concret — accueillir, protéger, se déplacer, recevoir des soins — puis cherchez qui accueille, évalue, décide et réalise. Dans une demande MDPH, l’équipe pluridisciplinaire apprécie la situation et les besoins à partir du dossier et des souhaits de vie ; la CDAPH statue dans son champ160. Ce cas montre pourquoi une évaluation ne se confond pas avec une décision160. Servez-vous de cette distinction pour classer les informations d’un dossier, sans ajouter à la note des connaissances absentes des documents8.

2. Relier la décision à une solution disponible

Le SPDA vise notamment l’effectivité des droits et la continuité des parcours, sous pilotage départemental en lien étroit avec l’ARS et les partenaires159. Exemple fictif : une aide est accordée, mais son démarrage attend un professionnel disponible ou un transport adapté. Le dossier a avancé ; le besoin n’est pas encore satisfait. En petite enfance, la loi demande de rapprocher les besoins et l’offre, puis, au-dessus du seuil prévu, de soutenir la qualité156. Application de gestion : vérifier les horaires, les équipes et l’ouverture réelle permet de tester si une place annoncée est utilisable. Il s’agit d’une grille d’analyse proposée, et non d’un indicateur réglementaire unique.

3. Suivre le parcours et repérer les ruptures

La prévention des ruptures et la continuité du parcours figurent parmi les objectifs du SPDA159. Exemple fictif : lors d’un retour à domicile, un référent vérifie le prochain rendez-vous, la compréhension de la décision et le responsable de chaque relais. Cette organisation est une proposition pédagogique, à adapter au dispositif réel. La coordination ne permet pas de diffuser librement un dossier : les informations échangées doivent être strictement nécessaires, entre professionnels participant à la prise en charge162. Le partage hors d’une même équipe de soins requiert le consentement préalable dans les conditions légales, et la personne dispose d’un droit d’opposition162. Pour le bilan de l’exercice, distinguez démarches engagées et aide réellement commencée.

Un besoin, plusieurs acteurs

Lisez chaque branche de haut en bas. Les liens entre branches sont présentés sous le schéma.

Relier les besoins, les droits et les interventions

La personne et ses besoins

Partir de la situation vécue

Les besoins et souhaits de la personne

éclairent

l’évaluation de la MDPH

La maison départementale des personnes handicapées (MDPH) prend en compte la situation globale et les souhaits de vie dans son évaluation160.

Distinguer les missions

L’accueil du jeune enfant, la prévention de la protection maternelle et infantile (PMI) et le soutien ou la protection de l’aide sociale à l’enfance (ASE) répondent à des missions distinctes156158157. Pour un besoin de compensation du handicap, la MDPH organise l’évaluation160.

L’évaluation et les droits

Préparer la décision

L’évaluation pluridisciplinaire

prépare

les décisions et avis de la CDAPH

La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) s’appuie sur l’évaluation de la situation et des besoins160.

Distinguer les intervenants

Selon le droit concerné, d’autres organismes

interviennent pour

l’attribution ou le paiement

La CDAPH décide ou rend un avis dans son champ ; elle ne réalise pas elle-même tous les versements160.

La continuité des réponses

Organiser les relais

Le SPDA

organise les relais entre

les acteurs de l’autonomie

Le service public départemental de l’autonomie (SPDA) vise l’accès effectif aux droits et la continuité des réponses159.

Partager dans le cadre légal

Le secret et les conditions légales de partage

encadrent

les échanges d’informations

La coordination ne permet pas de transmettre librement toutes les informations sur une personne ; les échanges doivent respecter les conditions légales de nécessité et de partage162.

Du droit reconnu à l’aide réelle

Le SPDA

vise

l’effectivité des droits et des réponses

L’objectif dépasse le seul traitement administratif159. Application pédagogique : vérifier que l’intervention prévue a effectivement commencé.

Revenir à la situation de la personne

Le suivi des interventions

aide à repérer

les ruptures et les besoins de réajustement

Le SPDA place les besoins et le projet de vie au centre du parcours159. Application pédagogique : si une aide ne démarre pas, examiner le relais et réévaluer la réponse avec la personne.

Les mots du module

SPPE
Service public de la petite enfance : organisation de l’accueil et de l’information des familles, avec des responsabilités communales définies par la loi156.
PMI
Protection maternelle et infantile : service départemental assurant notamment consultations, prévention et accompagnement auprès des femmes enceintes et des jeunes enfants158.
ASE
Aide sociale à l’enfance : service départemental de soutien et de protection des enfants et familles confrontés au danger ou à de graves difficultés157.
MDPH et CDAPH
La maison départementale accueille et organise l’évaluation ; la commission prend les décisions concernant les droits et orientations relevant de sa compétence160.
SPDA
Service public départemental de l’autonomie : coopération des acteurs pour simplifier les démarches et coordonner les parcours des personnes concernées et des aidants159.
ARS
Agence régionale de santé : autorité chargée de mettre en œuvre la politique de santé et de réguler l’offre régionale dans ses attributions161.

Situation fictive · Analyse pédagogique proposée

Une mère aide son père tout en recherchant un accueil pour son enfant

Ce que cet exemple aide à comprendre

Suivre plusieurs besoins au sein d’une famille sans confondre les rôles des acteurs ni perdre les relais entre eux.

La situation

Nora élève un enfant de deux ans et accompagne son père, qui souhaite rentrer chez lui après une hospitalisation. Elle se dit épuisée et contacte le centre communal d’action sociale (CCAS). Le scénario explore une organisation possible de l’accueil et du suivi.

Le raisonnement, pas à pas

  1. Faire apparaître les différents besoins

    Dans la situation
    L’agent reformule trois difficultés : organiser le retour du père, soutenir Nora et rechercher un accueil pour l’enfant.
    Le repère du cours
    Le service public départemental de l’autonomie (SPDA) vise une réponse globale et coordonnée autour des personnes âgées, des personnes handicapées et de leurs aidants159.
    Ce que cela change ici
    Dans le déroulement proposé, l’agent vérifie les urgences, la présence d’un proche et l’accès au logement. Il évite de réduire la demande à une seule prestation et ne promet pas de place d’accueil. Le repère du cours aide à comprendre la coordination, sans imposer ici une procédure identique dans tous les départements.
  2. Organiser des relais qui répondent à chaque besoin

    Dans la situation
    Le retour du père, les besoins de Nora et l’accueil du jeune enfant appellent plusieurs interlocuteurs.
    Le repère du cours
    Le SPDA articule les acteurs de l’autonomie sous pilotage départemental en lien avec l’agence régionale de santé (ARS)159. L’information sur les modes d’accueil relève des missions communales, sous réserve d’un transfert156. La protection maternelle et infantile (PMI) exerce des missions de prévention auprès du jeune enfant158.
    Ce que cela change ici
    Dans la proposition, les professionnels préparent les soins et l’aide quotidienne avec le père ; Nora est orientée pour l’accueil de l’enfant. Son épuisement ne suffit pas à décider automatiquement d’une mesure d’aide sociale à l’enfance (ASE)157. Les relais n’autorisent pas un partage indifférencié du dossier162.
  3. Vérifier la continuité au-delà des orientations

    Dans la situation
    La suite fictive se déroule une semaine après le retour. L’agent fait le point sur les interventions commencées et les relais encore manquants.
    Le repère du cours
    L’objectif de continuité poursuivi par le SPDA conduit à articuler les interventions autour de la personne et des aidants159.
    Ce que cela change ici
    Le bilan proposé distingue un rendez-vous annoncé d’une solution utilisable. Dans ce scénario, des horaires d’accueil incompatibles avec ceux de Nora resteraient un obstacle. Les partenaires précisent alors qui reprend la difficulté et à quel moment.

La conclusion de l’exemple

Le parcours proposé relie les besoins de la famille à des interlocuteurs identifiés, puis suit ce qui a réellement commencé. La coordination est rendue concrète par les relais et le suivi.

Ce que cet exemple ne permet pas de conclure

Le cas ne permet pas de décider d’une aide individuelle, d’une place d’accueil ou de conditions de retour à domicile. Le point réalisé après une semaine est une hypothèse pédagogique et non un délai réglementaire national.

La lecture guidée est terminée. Les questions, le travail à rédiger et leurs corrigés vous attendent dans S’entraîner.

Vérifier votre compréhension · 10 min

  1. Une commune devient autorité organisatrice de l’accueil du jeune enfant : cela signifie-t-il qu’elle gère personnellement toutes les crèches ? Expliquez156.
  2. Distinguez le rôle de la MDPH et celui de la CDAPH dans une demande liée au handicap160.
  3. Situation fictive : une aide est accordée, mais son accompagnement n’a pas commencé. Proposez deux causes possibles et expliquez la distinction entre décision et effectivité159.

À cocher après avoir répondu sans regarder le cours, avant d’ouvrir le corrigé.

Fait

  1. Non. La loi attribue l’organisation, notamment le recensement des besoins et de l’offre et l’information des familles ; elle ne confie pas la gestion de tous les accueils à la commune156. Les missions supplémentaires et les transferts éventuels obéissent aux seuils et conditions de l’article L214-1-3156.
  2. La MDPH accueille, instruit et organise l’évaluation pluridisciplinaire ; la CDAPH prend les décisions ou rend les avis dans son champ, à partir de cette évaluation160.
  3. Réponse possible au cas fictif : le prestataire est indisponible ou le relais de transport n’est pas organisé. Ces hypothèses illustrent la différence entre une décision et une aide réellement commencée, au regard de l’objectif de continuité du SPDA159.

Passer au raisonnement · 15 min

En 15 minutes, écrivez 100 à 150 mots répondant à cette question : « Pourquoi faut-il organiser les politiques sanitaires et sociales autour des parcours des personnes ? » Utilisez le cas fictif, un mécanisme causal et une limite.

Répondez sur une feuille, sans le cours.

À cocher une fois votre paragraphe rédigé, avant d’ouvrir le corrigé.

Fait

Une réponse possible au raisonnement

Réponse possible, construite à partir du cas fictif : organiser un parcours permet de relier des interventions qui répondent à des aspects différents d’une même situation. Nora doit ici articuler le retour de son père, l’aide quotidienne et l’accueil de son enfant. Une décision isolée ne résout pas cette articulation. La coordination sert à identifier les responsabilités et les relais encore manquants ; le SPDA poursuit cette continuité autour de la personne et des aidants159. La répartition des compétences demeure : la commune organise l’accueil du jeune enfant dans le cadre légal et la PMI assure ses missions de prévention156158. Dans cet exemple, la coopération reste limitée si aucun professionnel ou créneau n’est disponible. L’argument doit donc relier organisation, moyens et choix de vie. Ce corrigé est une proposition de raisonnement, non une copie officielle.

Critères de réussite

  • Relier au moins deux besoins par une explication causale.
  • Distinguer coordination et décision, sans attribuer toutes les missions au même acteur.
  • Présenter une limite concrète liée à l’offre, aux moyens ou au choix de la personne.

Pour aller plus loin... conseils pour rattacher le cours à vos futurs écrits

En composition

Sujet d’entraînement proposé : « La proximité suffit-elle à garantir l’accès aux services publics ? » Argument possible : un accueil proche peut aider à exprimer le besoin, mais une réponse suppose aussi des relais et une offre mobilisable. Le SPDA fournit un exemple institutionnel d’organisation de la continuité159. Développez cet argument avec le cas fictif puis discutez sa limite : orienter ne crée pas, à lui seul, une intervention. Cette mobilisation des connaissances territoriales relève de la composition4.

Dans la note externe

Dans le dossier, repérez les besoins des publics, les responsabilités, les obstacles et les modalités de coopération décrites. Une distinction connue entre évaluation, décision et mise en œuvre vous aide à organiser ces informations. Votre copie doit cependant rester fondée sur les documents : n’ajoutez ni un dispositif, ni une réforme, ni une solution personnelle absents du dossier, même si vous les avez appris ici8.