Situation pédagogique fictive : une personne perd son emploi, puis rencontre des difficultés de logement, de garde d’enfant et de démarches administratives. Pour comprendre qui peut l’aider, il faut distinguer les responsabilités : le département coordonne l’action sociale en tenant compte des compétences de l’État, des autres collectivités et des organismes de sécurité sociale136. Le fil conducteur du module est de passer d’une liste de sigles à un parcours : quel besoin, quel droit potentiel, quel décideur, quel financeur et quelle aide effectivement reçue ?
1. Plusieurs réponses à des difficultés liées
La protection sociale regroupe les mécanismes qui couvrent des risques ou besoins susceptibles de diminuer les ressources ou d’augmenter les charges : santé, vieillesse-survie, famille, emploi, logement, pauvreté-exclusion150. Son champ dépasse celui de la Sécurité sociale et comprend des interventions publiques et privées151. L’aide sociale légale correspond aux aides rendues obligatoires par les textes dans les conditions qu’ils fixent ; les aides facultatives relèvent d’initiatives complémentaires des collectivités152. Le CCAS peut ainsi intervenir par des prestations remboursables ou non remboursables dans sa mission de prévention et de développement social147. Repères de vocabulaire : la pauvreté monétaire concerne l’insuffisance du niveau de vie par rapport à un seuil ; la précarité renvoie à l’absence ou à la fragilité de sécurités ; l’exclusion interroge notamment l’accès aux droits et les liens sociaux153. Conseil de lecture : ne transformez pas ces dimensions en étiquettes décrivant toute une personne ; cherchez ce qui se cumule dans la situation présentée.
2. Le département coordonne sans tout faire
Le département définit et met en œuvre la politique d’action sociale, en tenant compte des compétences de l’État, des autres collectivités et des organismes de sécurité sociale ; il coordonne les actions qui y concourent136. Pour raisonner, retenez une coordination entre compétences distinctes, sans imaginer un décideur unique. Le centre communal d’action sociale, ou CCAS, est un établissement public administratif communal doté d’un conseil d’administration présidé par le maire148. Il anime une action générale de prévention et de développement social, en liaison avec les institutions publiques et privées147. Il participe à l’instruction des demandes d’aide sociale et transmet celles dont l’instruction relève d’une autre autorité ; l’établissement du dossier et sa transmission sont obligatoires, indépendamment de son appréciation du bien-fondé de la demande147. Un CCAS est obligatoire dans les communes de 1 500 habitants et plus, sauf transfert de l’ensemble de ses compétences à un centre intercommunal d’action sociale, qui entraîne sa dissolution de plein droit233149. En dessous de ce seuil, sa création est facultative et il peut être dissous par délibération du conseil municipal233. La commune qui n’en a pas exerce alors directement les attributions du CCAS ou en transfère tout ou partie à un tel centre233. Le centre intercommunal d’action sociale, ou CIAS, intervient selon les compétences transférées dans les conditions du code ; sa création ne lui attribue pas toutes les responsabilités sociales du territoire149.
3. Identifier le rôle avant de retenir le sigle
Le revenu de solidarité active, ou RSA, est ouvert, sous les conditions du code dont celles de résidence stable et effective et de ressources, au foyer dont les ressources sont inférieures à un montant forfaitaire : l’allocation porte ces ressources au niveau de ce montant145. En droit commun, il est attribué par le président du conseil départemental ; une délégation de décisions individuelles aux organismes payeurs est possible142. Son financement relève en principe du département144. Par exception, l’État finance le RSA versé aux personnes de 18 à 25 ans qui y ont droit après avoir exercé une activité professionnelle pendant un nombre déterminé d’heures au cours d’une période de référence, ainsi que ses frais de gestion144234. Son service est assuré par les caisses d’allocations familiales, ou CAF, et, pour leurs ressortissants, les caisses de mutualité sociale agricole, ou MSA143. Attention au territoire et à la date : dans les départements qui participent à l’expérimentation de recentralisation, l’État assure l’instruction et la décision d’attribution, le contrôle, le recouvrement des indus et le financement du RSA ; il peut déléguer ces missions, hors financement, aux CAF et MSA222. Dans l’exemple publié par la CAF de l’Ariège en avril 2023, le département conserve l’orientation et l’accompagnement des bénéficiaires141. Méthode proposée : dessinez quatre cases — décider, financer, verser, accompagner — puis vérifiez les acteurs de chaque case pour la prestation et le territoire étudiés.